"On reste, Dieu merci, à la merci,
D’un conifere,
D’un silence inédit,
D’une seule partie de jambe en l’air,
Le soleil est assis,du mauvais coté de la mer,
Quelle aventure, quelle aventure…"
— La Superbe - de l’album “La Superbe” - Benjamin Biolay
"On ne pourra pas dire que l’âge m’ait rendu plus intelligent. Un écrivain russe disait que, si le caractère pouvait s’altérer quelque peu, la médiocrité demeurait identique pour l’éternité. Ils sont quelquefois très avisés ces Russes. C’est sans doute qu’ils ont tout l’hiver pour gamberger."
— La Course au Mouton Sauvage - Haruki Murakami
"Enfin bref, disons une ville. On y trouve des vêtements, de la nourriture, de l’essence. Et, si l’on y tient, on peut même y voir des visages."
— La Course au Mouton Sauvage - Haruki Murakami
"Moi, si j’étais né au dix-neuvième siècle, j’aurais écrit des romans autrement plus beaux. Sans aller jusqu’à Dostoïevski, j’aurais fait un bon petit écrivain de second plan. Et toi là-dedans ? T’aurais peut-être été simplement le Comte Machin toute ta vie. C’est pas mal non plus ça, être simplement le Comte Machin. Je ne sais pas pourquoi, mais ça fait très dix-neuvième."
— La Course au Mouton Sauvage - Haruki Murakami
"Au bout du compte, écrire une lettre me jette dans le désordre."
— La Course au Mouton Sauvage - Haruki Murakami
"Il y a des rêves symboliques, puis il y a la réalité que ces rêves symbolisent. Ou bien il y a une réalité symbolique, puis les rêves que cette réalité symbolise. Le symbole est ce qu’on pourrait appeler le maire honoraire de l’univers du lombric. Au sein d’un tel univers, il n’y a rien d’étrange à ce qu’une vache laitière soit à la recherche d’une tenaille. Sans doute viendra-t-il un moment où la vache mettra la main sur sa tenaille. Moi, je n’ai rien à voir là-dedans.
Mais les choses prendraient une tournure toute différente si, pour trouver sa tenaille, la vache se servait de moi. Je me retrouverais plongé dans un univers répondant à une autre logique. Avec pour principal inconvénient que mon histoire languirait. Je demanderais à ma vache laitière : « Pourquoi veux-tu une tenaille ? » Elle répondrait : « Parce que j’ai très faim, tiens ! » Je demanderais : « Pourquoi te faut-il une tenaille quand tu as faim ? » Elle dirait : « Mais pour m’attacher à une branche du pêcher, voyons ! » Je demanderais : « Et pourquoi un pêcher ? » Elle répondrait : « N’ai-je donc pas cédé mon ventilateur ? » On n’en sortirait jamais. Ce faisant, je commencerais à détester cette vache laitière et elle me le rendrait bien. C’est cela l’univers du lombric. Pour y échapper, il n’y a pas d’autre moyen que de faire un autre rêve symbolique.
C’était précisément au cœur de l’univers du lombric qu’en cet après-midi de septembre 1978 le gigantesque véhicule à quatre roues m’avait entraîné. Autrement dit ma prière avait été rejetée."
— La Course au Mouton Sauvage - Haruki Murakami
"Une vache laitière m’apparut en rêve. Elle était plutôt propre et du genre à avoir eu sa part de corvée dans la vie."
— La Course au Mouton Sauvage - Haruki Murakami
"Dans une boîte de petite envergure comme la nôtre, on connaissait deux sortes de onze heures. Celui d’un terrible affairement ou celui d’un terrible désoeuvrement. Il n’y avait pas de demi-mesure. Autrement dit à cette heure-là, soit on s’agitait en tous sens, sans penser à rien, soit on imaginait distraitement la suite des rêves de la veille, sans penser à rien non plus. Les tâches relevant de la « demi-mesure » (quand il y en avait), on se les réservait pour l’après-midi.
Quand l’homme apparut c’était un « onze heures du matin » de la seconde espèce. Un onze heures à marquer d’une stèle tant on avait rien à faire."
— La Course au Mouton Sauvage - Haruki Murakami
"Bien sûr, il n’y avait pas de baleine dans l’aquarium. Une baleine, c’est tellement grand qu’il aurait fallu raser l’ensemble de l’aquarium et lui réserver au même endroit un seul et unique bassin. A défaut de baleine, l’aquarium exposait un pénis de l’espèce. Un ersatz en quelque sorte."
— La Course au Mouton Sauvage - Hauki Murakami
“J’avais une envie folle de voir tes oreilles”, lui annonçai-je en toute franchise.
La Course au Mouton Sauvage - Haruki Murakami
"Oh, I think you have plenty to offer Dogville."
— Tom to Grace in Dogville - Lars Von Trier
"Man’s reach exceeds his imagination!"
— Robert Angier in “The Prestige” - Chris Nolan
"Il clarifia le monde pour elle. Le grand-père de Christine (un traitre bourgeois); sa mère (une lèche-cul des Blancs); Heed (une esclave des champs qui voudrait bien se glisser dans la maison); Ernie (un vendu). Ils étaient tous les minables qu’avait décrits Malcom X, avec tout l’acide du monde contenu alors dans ses mots."
— Love - Toni Morrison
"Heed et Christine étaient le genre d’enfants qui ne pouvaient reprendre leur amour ou l’abandonner. Quand tel est le cas, la séparation vous blesse jusqu’à l’os. Et si la rupture leur est également dérobée, pressée pour une goutte de sang versée pour le bien de l’enfant, alors cela peut détruire un esprit. Et si, en plus de tout ça, on les pousse à se haïr, cela peut très bien tuer une vie avant même qu’elle se mette à vivre."
— Love - Toni Morrison